Ils ont écrit

Je trouve dans les toiles de Comar cette spontanéité rieuse, cette gravité cachée, cette combinaison de fatalisme et de révolte, d’inquiétude et de goût immédiat pour la vie qui appartient aux peuples dont la vie est rude. Dans cet univers, les déterminations spatiales et temporelles sont rares. Sans doute Comar a-t-il des admirations (Picasso, Basquiat) et des confrères dans la compagnie desquels il aime à se retrouver et à travailler. Mais d’eux tous, son œuvre se distingue.
La culture africaine n’est certainement pas absente de ces peintures mais elle est enfuie et fécondée par les influences occidentales, dont quelques-unes sont encore fraiches.
Qu’est-ce qui vous touche dans une œuvre de Comar ?
A mon sens l’unité et le secret.
L’unité de l’œuvre de Comar tient d’abord à une technique. Collage de papier ou de carton, agglomérats de terre ou d’acrylique, utilisation des défauts de la toile, des plis qu’on y laisse subsister, palette qui décline les nuances du bleu, du jaune, de l’ocre. Des fonds à la géométrie forte, se détachent les motifs principaux qu’agrémentent, négligemment, ici ou là, dans les coins, des idéogrammes esquissés et énigmatiques…/…
On ne comptera pas sur Comar pour nous aider à repérer chez lui des significations, une thématique, des mythes personnels ou des métaphores obsédantes. A nous de nous débrouiller pour tenter de saisir le contenu des échanges, des silences qui animent ce petit monde où l’on a la tête ronde, parfois la tête au carré, un corps stylisé, des pieds de batraciens et des bras griffus…
Jean-Marie PLANES
Professeur et écrivain
Bordeaux 2000
Son œuvre s’inscrit dans un courant culturel esthétique nouveau, que l’on nommera bientôt l’Ecole de Lomé. Ces artistes ; ils sont au plus une quinzaine et tous forts jeunes avancent ensemble, certes, mais chacun gardant son identité propre, ses références intellectuelles. Ce groupe a déjà été montré à Paris. La province et l’étranger commencent également à s’y intéresser.
Déjà exposé avec succès à Bordeaux, COMAR, après avoir peint des personnages impressionnants de la vie quotidienne togolaise, présente maintenant des œuvres réalisées sur de curieux patchwork de toiles et de cuirs. Les formats ont pris souvent une ampleur étonnante. Mais les tonalités d’ocres, de bleus évoluent toujours du claire au sombre. Ses sujets stigmatisent l’armée et la police, sans délaisser pour autant les sujets journaliers. Le social est donc devenu plus encore son fait. Il y a là une force et une présence indicibles.
Patrick-Gilles PERSIN
Critique d’Art et Historien
Paris 2000
En 2003 l'Art de Koffi Comar se transforme. Des regards distancés profondément enfouis dans l'inconscient de la comédie humaine, subissent les agressions d'un monde acide et décapant. D'une réalité aux couleurs chaudes et quotidiennes, Koffi Comar nous pousse à présent à considérer le malaise d'une déstabilisation de ce quotidien.
Michelle BRUNET
Galeriste et Critique d’Art
Togo 2002
Dernière mise à jour de cette rubrique le 12/02/2008